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2022, année d’une coordination pays

18 Mars 2022
2022, année d’une coordination pays
Charles VUILLOD, manager à Pacific Foodlab - Ingénieur agroalimentaire et Laurence UPIGIT, présidente de Pacific Foodlab - Cheffe au collège Ondémia (Païta)

Alors que les écoliers viennent de reprendre le chemin de l’école et de la cantine, Pacific Food Lab fait le point, avec son directeur Charles Vuillod, et sa présidente Laurence Upigit, sur les accomplissements de l’année 2021, menés à bien malgré la crise sanitaire, et sur les perspectives 2022, plutôt favorables à l’émergence d’une alimentation durable en Nouvelle-Calédonie.

2021 est derrière nous, l’année 2022 vient de commencer, où en est-on ?

Charles Vuillod : « 2021 a été particulièrement marquée par deux confinements et une fin d’année en demi-jauge. il a fallu remanier notre plan d’action pour nous adapter à ce contexte et soutenir le secteur de la restauration. Pourtant, malgré ces perturbations, la reprise cette année s’est déroulée quasiment normalement. Bien sûr, il reste encore quelques interrogations, qui sont levées au fur et à mesure … En 2022, nous continuerons à nous adapter, tout en maintenant le cap. Nos projets l’ont démontré : ils sont résilients. »

Laurence Upigit : « Côté cantines, c’est reparti ! Dans les réfectoires, l’ambiance était assez sinistre en 2021, la priorité étant donnée aux mesures sanitaires. Mais depuis la rentrée, nous avons retrouvé des ados qui mangent bien et sont détendus. Une ombre au tableau cependant : même si nous avons pu échanger avec les producteurs sur nos besoins, la météo catastrophique en ce début d’année impacte les champs et la disponibilité des produits. »

Comment se portent les projets PFL, aujourd’hui ?

Laurence Upigit : « La charte Le bonheur dans ma cantine, sur laquelle repose l’animation et la fédération du réseau de chefs de la restauration collective, est désormais ouverte aux chefs de la restauration commerciale.
Le projet Mange bien, jette moins a été suspendu en 2021, mais les bonnes habitudes sont revenues rapidement. D’ailleurs, les chiffres sont très encourageants avec 7 à 12 % seulement de gaspillage dans les cantines des cinq établissements pilotes, alors que la moyenne basse est habituellement à 25 %. Cela représente déjà une économie de 10 millions de francs CFP, qui peuvent être réinjectés dans l’achat de produits locaux (et générer statistiquement entre 2 et 5 nouveaux emplois).
»

Charles Vuillod : « Bien manger pour mieux apprendre, qui met en valeur les produits locaux dans les établissements primaires, a pour sa part été très perturbé par le protocole sanitaire et les gestes barrières, malgré un vrai enthousiasme des professeurs des écoles. Il reprendra dès la deuxième période 2022 dans les mêmes écoles.
Dans le cadre du tout jeune projet Bouge ton bassin, quatre établissements scolaires collaborent désormais avec Ouenghi culture. Ces premières livraisons consacrent le travail mené en amont par Philippe Tissier afin de recenser les besoins en fruits et légumes des cantines et de rechercher des agriculteurs intéressés. Trois bassins ont été identifiés à ce stade, la Foa - Bourail, Nouméa Nord et Canala – Houaïlou, et sont eux aussi en relation privilégiée avec des agriculteurs volontaires
»

Laurence Upigit : « Oui, c’est déjà un succès : dans les cantines partenaires, nous recevons de très beauxproduits avec lesquels travailler. Il y a un très bel effort à la fois sur la fraîcheur et sur le prix ; le fait d’être en contact direct avec le producteur nous a permis de mieux comprendre nos attentes respectives. De nouveauxétablissements souhaitent d’ailleurs rejoindre la démarche. »

Quelles nouveautés au programme en 2022 ?

Charles Vuillod : « Nous allons continuer à consolider le réseau de chefs via la charte, qui représente un véritable point d’ancrage. Elle a été signée par la province Nord en juin 2021. Si la covid a freiné son déploiement, nous avons pu, à l’occasion des Cantines à l’unisson à Houaïlou, rencontrer les chefs de la province Nord, les agriculteurs et les associations d’agriculture familiale. Nous avons également engagé des discussions avec la province des Îles.
Autre nouveauté : la mise en avant des alternatives végétales avec Food Forest connexion. Dans l’idée de réduire notre empreinte carbone et au lieu de privilégier l’import à bas coût, nous proposerons d’équilibrer les repas en alternant des protéines végétales et de la viande ou du poisson de très bonne qualité, comme on a la chance d’en trouver en Nouvelle-Calédonie.
PFL va également ouvrir ses actions à un nouveau public cible : après la restauration collective, inscrite dans l’ADN du cluster, puis la restauration commerciale, le cluster va désormais s’adresser également au grand public.
»

Laurence Upigit : « Nous souhaitons aussi pérenniser nos grands rendez-vous annuels, en les ancrant dans le calendrier des cantines, des producteurs et du public, avec une dynamique événementielle et fédératrice. Les cantines à l’unisson mettrons à l’honneur toutes les filières et tous les projets de Pacifique Food Lab, tandis que la fête des produits locaux permettra de continuer à resacraliser l’alimentation. »

Charles Vuillod : « Mais la grande nouveauté 2022 : c’est la transition alimentaire qui devient un secteur du gouvernement à part entière. Cela va permettre d’enclencher un portage politique de notre dynamiqued’actions, déjà bien ancrée en province Sud et en développement dans les provinces Nord et des Îles. Plus largement, le cluster va travailler sur un projet collectif pour le plan innovation outre-mer lancé par lesministères de la recherche et des outre-mer. Ce projet, dont PFL portera le pan opérationnel, représente une source de financements non négligeable et devrait démarrer en 2023. »

Et concernant les ressources dont bénéficie le cluster justement ?

Charles Vuillod : « En termes de ressources humaines, d’une part, notre cluster s’appuie toujours sur une communauté d’acteurs, tournés vers l’alimentation plaisir et la connexion à cette terre qui nous porte et nous nourrit. Cette année cependant, nous perdons un membre actif et précurseur : le chef Pascal Fogliani, dit Kalou, qui part à la retraite, mais continuera à nous accompagner entre deux coups de pêche, en tant que membre émérite. Nous souhaitons la bienvenue à son remplaçant, Tony Kawa Braïno.
En termes de soutien financier, d’autre part, la province Sud nous accompagne depuis longtemps. Nous pouvons également compter sur le ministère de l’agriculture via la DAFE, l’Ademe France et la province Nord ainsi que les partenaires avec qui nous collaborons sur certaines de nos actions comme l’Adecal Technopole, l’Agence Rurale, la Chambre d’agriculture et de la pêche et l’Agence sanitaire et sociale. Enfin, l’année dernière, le cluster a été reconnu d’intérêt général ce qui le rend éligible au mécénat. Nous avons ainsi reçu de nos premiers mécènes une aide très appréciée.
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