Grazziella Bousquet Khelouat

Éduquer, apprendre et sensibiliser… La prévention s’avère être l’outil le plus efficace pour éveiller la curiosité des enfants « […] les enfants ont énormément d’idées ! ». Face à une évolution de la société trop rapide, il était important pour Graziella, de réapprendre, d’inciter à goûter et d’expliquer aux enfants l’importance d’une alimentation saine.
Pensez-vous que les enfants ont eu une mauvaise éducation par rapport à l’alimentation ?
Oui, mais je pense que c’est surtout la façon de vivre qui a trop vite évoluée, et on n’a pas su s’adapter. C’est juste ça ! Les parents se sont mis à travailler, et quand ils rentrent du boulot, ils ne cuisinent plus. Avant on avait des "vrais plats" ! Ma mère faisait des repas qui mijotaient pendant des heures au feu de bois , maintenant ça semble impossible de faire ça. Et tout cela parce qu’on n’a pas su s’adapter et qu’il est plus facile de cuisiner un poulet surgelé, que de l’élever et de le tuer. Il faut réapprendre aux enfants ! C’est avec le groupe « Recette » de Koné, qui est une alliance entre le groupe pâtisserie et le groupe menu, que je participe au concours culinaire des internats de la Province Nord 2017. Au programme : chouchoutes farcies au crabe et mousse de patates douces au chocolat.
Trouvez-vous que les enfants soient réceptifs à cette réadaptation ?
Je trouve que de faire jouer les enfants avec les aliments ; ça les incite à les gouter. Avant, quand on proposait des plateaux de légumes aux enfants, ils partaient presque entièrement à la poubelle. Un jour, la cantine servait une purée de légume, et j’ai vu un enfant qui ne voulait pas gouter. C’est alors que je me suis assise en face de lui et je lui ai dit : « tant que tu n’as pas gouté, tu ne sors pas de la cantine ! Je te demande juste d’essayer, si tu n’aimes pas ce n’est pas grave ». Il a gouté et j’ai vu son visage se transformer, il m’a répondu que c’était bon et a demandé à se resservir. Il fallait juste l’inciter à gouter, car ils ont peur de l’inconnu. Depuis petits, les enfants sont habitués à manger des féculents. En Nouvelle-Calédonie, la culture alimentaire se compose principalement de riz et de tubercules. Il y a énormément de travail à faire au niveau de l’alimentation. On s’est rendu compte avec le groupe recettes que les enfants sont fiers de dire qu’ils ont créé le menu, effectivement celui-ci a été co-créé, et fait à 90 % par les élèves (réflexion, préparation, cuisson, et présentation).
Y a-t-il plusieurs personnes impliquées dans cette dynamique de changement ?
Avant, tout ce qui concernait l’alimentation, était uniquement du ressort de l’infirmière. Or, non ! l’alimentation c’est l’affaire de tous ! La preuve, le fait que ce soit une éducatrice qui ait pris en charge le groupe menu est tout aussi bien parce qu’elle peut voir les enfants souvent et avoir un rôle éducatif à chaque instant.
