Réouverture des marchés : Vers plus de proximité et de circuits courts

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À l’occasion de la réouverture du marché de Port-Moselle et du marché Broussard à Ducos, nous avons recueilli les témoignages d’Olivia Lelong, colporteuse et vendeuse de fruits et légumes, de Tiphaine Dubois, vendeuse de produits de la pêche et de Gérard Pasco, éleveur bovin et Président de la Chambre d’agriculture. 3 voix, 3 filières, 2 marchés, des réfléxions sur l'alimentation durable et résiliente...
Intempéries, cyclones, alerte tsunami, confinement… Comment ces événements ont-ils affecté la vente de vos produits ?
Olivia : Avec les événements qui se sont enchaînés, nous avions beaucoup de produits à écouler, alors il a fallu être rapides et inventifs. Finalement, le système D a bien marché : nous avons ainsi évité un énorme gaspillage et réussi à rentrer dans nos frais, sans toutefois gagner d’argent.
Tiphaine : Avec la fermeture du marché, nous avons perdu notre unique point de vente. Il y a plusieurs familles de pêcheurs qui dépendent de notre commerce, je ne me voyais pas tout arrêter en attendant la réouverture… Il a fallu s’organiser autrement.
Gérard : Les producteurs de fruits et légumes ont été les plus touchés par les conditions climatiques puis les restrictions liées au confinement. Les éleveurs s’en sortent mieux : il y a forcément une baisse de la demande et donc un manque à gagner, mais nous pouvons décaler l’abattage de nos bêtes.
Comment vous êtes-vous organisés pour écouler vos produits ?
Gérard : De manière générale, les agriculteurs ont dû se débrouiller, chacun en fonction de son réseau et des opportunités qu’il a eues. C’est pour cela que la Chambre d’agriculture, Pacific Food Lab et l’Interprofession Fruits et Légumes ont créé la plateforme produitsfrais-agriculture.nc lors du premier confinement ; elle permet de mettre en relation les producteurs et les consommateurs.
Olivia : Pour ma part, j’ai publié une annonce sur ma page facebook et grâce aux partages, j’ai pu livrer nos fruits et légumes sous forme de paniers. Les restaurants Au p’tit café et l’Essentiel nous ont également accueillis pour vendre nos produits. Et surtout, les clients nous ont soutenus et encouragés !
Tiphaine : Nous avons organisé des livraisons à domicile et de la vente en bord de route, en nous appuyant sur nos clients réguliers, le bouche-à-oreille, la radio et facebook. Grâce à cela, j’ai pu vendre l’intégralité des poissons du lagon et une partie des poissons pélagiques. En parallèle, la Fédération des pêcheurs professionnels côtiers de Province Sud s’est mobilisée et la vente depuis les bâteaux au niveau de la passerelle de débarquement a rapidement pu se mettre en place.
Les producteurs, les vendeurs et les consommateurs semblent satisfaits ce matin, comment se passe cette reprise du marché ?
Olivia : Très bien, je suis soulagée et ravie de retrouver mon travail et mes habitués !
Tiphaine : Le système mis en place par la mairie au marché de Port-Moselle fonctionne bien et les visiteurs jouent le jeu en respectant les consignes sanitaires. Je suis contente de pouvoir les accueillir à nouveau.
Gérard : Pour pouvoir rouvrir le marché broussard de Ducos, nous avons mis en place le même dispositif sanitaire que l’an passé. Cette réouverture était très attendue, en particulier par les petites exploitations qui vendent en direct.
D’après vous, que faudrait-il mettre en place, si un autre épisode de ce type se présentait à nouveau dans quelques mois ?
Olivia : On peut réfléchir à des solutions complémentaires, mais il faut laisser le marché ouvert, avec la même organisation qu’aujourd’hui. C’est important pour les petits producteurs locaux.
Tiphaine : On pourrait aussi autoriser la vente en bord de route pour les pêcheurs, afin de permettre un meilleur écoulement des produits, dans le respect des consignes sanitaires bien entendu.
Gérard : Il faudrait réfléchir dès maintenant à notre système alimentaire et à ce qui peut être mis en place pour développer la vente directe, même en temps normal : magasins de producteurs, coopératives, paniers, vente à la ferme… Cette réflexion, dont la production n’est qu’une des composantes, nécessite du temps, de l’organisation et devrait s’inscrire dans une stratégie plus globale pour un système alimentaire durable.
Remerciements
« Merci à nos clients, à nos producteurs, à nos partenaires professionnels et notamment les institutions, associations et réseaux professionnels, formels ou informels, qui nous ont soutenus durant cette période d’incertitude et d’adaptation et ont appuyé la réouverture des marchés. »
Olivia et Thiphaine


