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Transition alimentaire : échanges autour de l’agroforesterie

5 Mars 2022
Transition alimentaire : échanges autour de l’agroforesterie
Devant les lignes d’agroforesterie dédiées à la prochaine opération Cantines à l’unisson, rencontre entre Georges Tieya, formateur au Centre de formation professionnelle pour adultes, Gabriel Levionnois, chef cuisinier (PFL), Philippe Tissier, chargé des programmes « Bouge ton bassin » et « Cantines à l’Unisson » (PFL), Jean-Luc Bernard-Colombat, autorité académique de l’enseignement agricole et directeur du service d’État de l’agriculture, de la forêt et de l’environnement et Mickaël Sansoni, producteur et formateur en agroforesterie.

Toujours avec l’objectif de tendre vers un système alimentaire durable et résilient, Pacific Food Lab NC a organisé une après-midi de découverte et d’échanges entre plusieurs acteurs de l’alimentation locale chez Mickaël Sansoni, adhérent agriculteur et formateur en agroforesterie. Cette visite avait également pour but de préparer la prochaine opération « Cantines à l’Unisson », dédiée à la transition alimentaire 5.0.

Transition alimentaire 5.0 enclenchée ! Si Pacific Food Lab NC (PFL), cluster de l’alimentation durable, œuvre depuis longtemps pour développer un système alimentaire résilient, la mobilisation de l’ensemble des acteurs, notamment au niveau des politiques publiques, vient de prendre une nouvelle dimension. En effet, Louis Mapou, président du gouvernement, a rappelé dans son récent discours de politique générale l’importance du « vivre mieux », la création du secteur de la transition alimentaire au sein du gouvernement, attribué à Joseph Manauté, et l’élaboration d’un plan de l’alimentation durable d’ici août 2022. De belles perspectives, donc, pour les projets Pacific Food Lab NC à venir.

Mais qu’entend-on, avant tout, aujourd’hui par transition alimentaire ? En fait, il s’agit de changer collectivement les modes de production et de consommation, pour s’orienter vers une alimentation, et plus globalement un système alimentaire, qui soient plus résilients et plus respectueux de la santé, de l’environnement et des populations. « Ici, cette ambition est portée par Pacific Food Lab NC et l’ensemble des partenaires. Elle repose sur des recommandations de l’ONU, l’OMS et la Banque des territoires, qui mettent en avant la relocalisation des productions traditionnelles agricoles en circuits courts de type agroforesterie, permaculture, biologique… », précise Philippe Tissier, chargé du programme « Bouge ton bassin » et de l’organisation des 10e « Cantines à l’Unisson » chez PFL.

L’agroforesterie, une technique prometteuse

Pour cette prochaine édition, prévue en juin, Pacific Food Lab NC s’intéressera en particulier au rôle des agricultures éco-responsables dans la transition alimentaire. Or, parmi les alternatives à l’agriculture conventionnelle plus résilientes, l’agroforesterie tient une bonne place. Ce mode de production, qui s’appuie sur les bienfaits des arbres sur leur environnement, et notamment sur les cultures et l’élevage, présente de nombreux avantages en termes de protection et fertilité des sols, d’économie d’eau ou d’absence de produits chimiques. Mickaël Sansoni, adhérent de Pacific Food Lab NC, cultive et forme en agroforesterie syntropique1. Il développe : « il n’y a pas de bonne ou mauvaise plante, chacune a son utilité propre. Il s’agit donc de composer avec les spécificités du terrain et d’organiser les lignes de culture en créant un système harmonieux de végétation en plusieurs strates : on s’appuie sur les interactions que les plantes entretiennent entre elles, mais aussi avec le sol et sa vie microbienne. » Concrètement, en agroforesterie, il n’y a pas de désherbage ni de traitement chimique, mais plutôt une architecture des plantations et un recours au paillage, broyat et compost organiques, pour favoriser la fraîcheur et la présence d’eau, de minéraux, de bactéries et de champignons mycorhiziens dans la terre.

"Engagé dans la transition alimentaire 5.0, Pacific Food Lab NC souhaite co-créer avec les acteurs engagés une culture alimentaire durable et résiliente, pour relever les défis majeurs du 21e siècle.".

Gabriel Levionnois, président d’honneur du cluster

Une visite pour montrer le champ des possibles et fédérer les acteurs

La visite de ses champs, commentée par Mickaël Sansoni, a permis aux différents acteurs présents (DAFE2, agriculteur, chef cuisinier, chargé de programmes PFL…) de discuter des caractéristiques et enjeux forts de l’agroforesterie, comme le souligne Philippe Tissier : « Ce type d’agriculture est une des solutions pour améliorer la qualité gustative et écologique des productions et diversifier notre alimentation. Elle est une source d’approvisionnement en circuit court localisé, nécessaire à la transition alimentaire 5.0. ». Cette après-midi avait aussi pour objectif – tout aussi nécessaire à une transition réussie – de développer les échanges au sein du réseau d’interlocuteurs, « car tout est lié dans le système alimentaire : le portage politique et administratif, le terrain, les connaissances scientifiques, la cuisine… » rappelle Gabriel Levionnois, chef cuisinier et président d’honneur du cluster. Après cette visite, la prochaine étape pour Pacific Food Lab NC : inviter les chefs à développer des recettes végétales à base de produits issus de l’agroforesterie.

Retrouver davantage de produits issus de l’agroforesterie dans les assiettes ? Un défi que veut relever Pacific Food Lab NC avec l’appui de Mickaël Sansoni et des chefs de cantine.

1 - qui va favoriser les écosystèmes et processus naturels complexes et leur efficacité
2 - Direction du service d’État de l’agriculture, de la forêt et de l’environnement

« L’agroforesterie, à la croisée des traditions et de la science »

Jean-Luc Bernard-Colombat, directeur de la DAFE, estime que la Nouvelle-Calédonie, même si elle est plus vertueuse que d’autres sur certains points, doit saisir l’opportunité de s’orienter vers des pratiques plus respectueuses des équilibres naturels. « Faisons confiance au bon sens paysan et mélanésien, qui a accumulé des connaissances précieuses après des années d’expérience. Avec l’agroforesterie, ce savoir rencontre la science, le reste c’est de l’humain, du travail et une touche de chance ! »