Un lancement qui a fait recette

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L’opération « Recettes bénéfiques » a officiellement été lancée le vendredi 28 avril à l’Établissement de formation professionnelle des adultes (EFPA). L’objectif de ce projet pilote soutenu par l’Europe est de promouvoir des recettes à base de produits locaux faciles à transformer, bonnes pour la santé, respectueuses de l’environnement et peu coûteuses.
Rappelons que les « Recettes bénéfiques » sont le prolongement des « Cantines responsables ». Initié en novembre 2014, ce concept réunissant élèves, producteurs, transformateurs, nutritionnistes… autour d’une dizaine de chefs, visait à introduire des produits locaux dans les menus des cantines et améliorer ainsi la qualité des repas et favoriser le bien-être alimentaire des enfants.
Deux ans plus tard, le projet pilote « Recettes bénéfiques : vers une autosuffisance alimentaire et durable en milieu insulaire », promu par le Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie au titre de sa Stratégie territoriale pour l’innovation (STI), obtenait une subvention de 160 000 € (19 millions de FCFP) dans le cadre du 10e FED (Fonds européen de développement), complétée par une aide de 40 000 € (4,8 millions de FCFP) du gouvernement. De quoi s’inscrire favorablement dans un dispositif destiné à terme à changer les habitudes alimentaires des Calédoniens. De quoi aussi remercier l’ensemble des acteurs et des bailleurs de fonds, par un repas bénéfique et convivial, concocté par les formateurs et les stagiaires de l’EFPA.
Un projet innovant et d’intérêt général
Chef du bureau nouméen de la délégation de l’UE pour le Pacifique, Efstratios Pegidis n’a pas manqué de souligner que les Recettes bénéfiques s’appuyaient sur les trois piliers – dimension sociale, volet économique, souci environnemental – du développement durable. Philippe Germain a répété que ce projet innovant et d’intérêt général lui tenait particulièrement à cœur : « Parce qu’il a pour objectif de faire rentrer dans la restauration collective des produits locaux sains, de qualité et de saison à des prix compatibles avec le budget de la restauration scolaire et des familles, de faire découvrir à nos jeunes le goût de ces produits, de les sensibiliser à leur propre santé dès le plus jeune âge », et bien sûr, tout en participant à la structuration des filières, « de faire la promotion des produits agricoles calédoniens ».
Continuer à pousser tous ensemble
« Nous avons fait un sacré chemin depuis deux ans, a confié, ému, le chef Gabriel Levionnois, président de l’association NeoFood, à l’origine du projet. Aujourd’hui les différents maillons de la chaîne sont réunis. Je souhaite qu’on puisse tous, comme les rameurs d’une pirogue, continuer à avancer et à pousser ensemble ».
À Nina Julié, élue de la Province Sud en charge de l’environnement, le mot de la fin : « J’ai bien senti toute la passion mise dans la réalisation de ce repas et je peux affirmer avec conviction que je valide le projet ». Avant d’ajouter, dans un clin d’œil : « Mais je suis un inquiète : si à la cantine on sert désormais des repas comme celui d’aujourd’hui, je me demande bien ce que je vais faire à manger à ma fille le soir et le week-end ! ».